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Publié par Farida Nabourema

Hier j’étais parti à une protestation des nigériens opposés au président Mahamadou Issoufou. Un monsieur qui après avoir milité durant des décennies au sein de l’opposition contre les Seyni Kountché et les Tandja a réussi à se faire élire président de la République grâce à une coalition de l’opposition en 2011. Quand Issoufou prenait le pouvoir, beaucoup ont pensé que ce grand pays de l’Afrique de l’Ouest sortirait enfin de sa malédiction : la pauvreté. Diantre ! C’est sans compter sur l’anémie idéologique et la faiblesse politique de Mahamadou Issoufou qui est devenu un petit jouet de plus pour la France. Ce monsieur qui se réclame socialiste a malgré les contestations renouvelé le déloyal contrat avec la compagnie française AREVA qui s’enrichit terriblement depuis des décennies grâce aux immenses gisements d’uranium du Niger, laissant les populations dans une extrême pauvreté et détruisant énormément l’environnement .

Mr Issoufou faisant tout pour plaire à la métropole est le premier président d’Afrique de l’Ouest à avoir grandement ouvert ses portes aux bases militaires et aux drones américaines. Il a même permit à la France de renforcer sa base militaire au Niger faisant de son pays le carrefour de surveillance de l’Afrique de l’Ouest par les puissances occidentales. Pour Issoufou, comme ses autres compagnons de la servitude à savoir Blaise Compaoré, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé, « la paix, la sécurité et la stabilité » sont la priorité pour le développement. Depuis des années que les français leur ont fait mémoriser cette poésie avec laquelle ils ne cessent de nous torturer les méninges, je me demande encore et encore: de quelle sécurité parlent-ils ? Tous réclament plus d’armes et plus d’aide militaire pour la sécurité qui devrait garantir le développement de leur pays. Mais depuis quand instaure-t-on la sécurité avec les armes ? Certes, il est facile de nous jouer la cassette de Boko Haram & Co, mais nous savons tous que les mouvements extrémistes naissent de la misère des peuples. Un pays comme le Niger par exemple a plus besoin d’une sécurité alimentaire que militaire. Avec l’indice de développement humain le plus bas au monde, le Niger est considéré comme le pays le plus pauvre de la planète. Comment peut-on être pauvre avec le plus grand gisement d’uranium d’Afrique ?

Cette question j’aurais tant aimé la poser à Issoufou quand je l’avais vu hier à New York mais nos chefs d’états détestent les questions car très souvent leurs réponses leur feraient reconnaitre leur médiocrité. Il a alors décidé de partir juste après son piètre discours. J’aurais également souhaité demander à Mr Issoufou ce pourquoi il s’est permit de débourser 21 milliards de FCFA pour l’achat d’un nouvel avion présidentiel et un autre 7 milliards de FCFA pour la construction du hangar devant abriter son avion quand dans son pays, des fonctionnaires de différents secteurs sont en grève ? Un nouvel avion présidentiel est-il une nécessité pour un pays comme le Niger ou près de 80% de la population a du mal à s’offrir un repas par jour ?

Et bien Mr Issoufou s’en fou. Et il tombe lamentablement dans la classe des dirigeants minables qui comme Alpha Condé de la Guinée promettaient le changement mais ne sont venus qu’ensevelir leur pays de plus belle dans le puisard de la France coloniale. Du moins, il y a une assez bonne nouvelle pour les Nigériens de la diapora. Mr Issoufou a annoncé hier que ceux-ci pourront voter lors des prochaines élections. Même si ces votes ne serviront qu’à choisir entre Lucifer et Belzebuth, c’est au moins une bonne chose d’avoir la liberté et la possibilité d’accomplir son devoir citoyen. Quant à nous les Togolais, avec le malotru qui s’impose à nous comme président depuis 2005, voter dans la diaspora est un rêve que même Martin Luther King n’oserait faire.

Zoom sur le Niger
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