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Publié par Farida Nabourema

Une femme liberienne pleurant sa soeur
Une femme liberienne pleurant sa soeur

Quand j'ai vu l’image de cette femme pleurer sa sœur qui a succombé au virus Ebola être emmenée par les agents funéraires libériens d’Ebola, j'étais dévastée. Cette image m'a fait comprendre que cette maladie est la plus horrible de notre temps. Laissez-moi vous expliquer pourquoi.

L'horreur du virus d'Ebola n'est pas le fait qu'il ne peut pas être guéri ou qu’il est extrêmement contagieux. Son horreur réside dans ce qui se passe après que l’on en meurt. En tant qu'africaine, je sais à quel point les gens sont attachés à leur défunts et je connais l'importance d'enterrer un être cher. Les gens sont capables de vendre tous leurs biens pour offrir ce qu'ils appelleraient des funérailles décentes à leur défunt. Mais Ebola a privé des milliers de familles de ce privilège en Afrique.


Le fait que les gouvernements des pays touchés par le virus ont décidé d'incinérer les corps de ceux qui sont morts de la maladie est une mesure de sécurité très compréhensible et raisonnable pour arrêter la propagation du virus et éviter toute nouvelle contamination. Néanmoins, la réalité reste douloureuse. Je ne peux pas imaginer avoir un proche qui vient de décéder être emporté comme cela pour une destination inconnue pour être systématiquement réduit en cendres. Dans notre culture ouest-africaine, nous ne "brûlons" pas les corps même si c’est une pratique répandue dans d'autres parties du monde. Le virus Ebola a changé de façon drastique du jour au lendemain une culture qui existe depuis des générations.

J'ai lu dans un article que certaines familles ne savent même pas que leur proche qui se faisait traiter dans une unité de soins d’Ebola est décédé et a été incinéré. Imaginez alors demander d’après votre fille, fils, sœur, frère, mari, femme hospitalisé et que l’on vous dise : "Oh, il / elle est mort(e) et nous l’avons déjà brûlé". C'est un sentiment que je ne peux pas laisser mon esprit explorer trop longtemps car la seule pensée me donne des sueurs froides. Et pourtant c'est ce que traversent les gens dans les pays touchés par le virus Ebola.

Jetez un regard sur la femme dans l'image. Sa sœur venait de mourir et c'est cela son au revoir ; très dévastateur ! Ma sympathie va aux familles de toutes les personnes qui sont mortes du virus Ebola. Le traumatisme psychologique qui vient avec l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest est négligé et je crois que les familles des victimes auront besoin d'une sorte d'assistance et de suivi psychologique.

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