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Publié par Farida Bemba Nabourema

Une fille de 13 ans forcée à épouser  un homme de 38 ans au Niger
Une fille de 13 ans forcée à épouser un homme de 38 ans au Niger

Chaque jour, en moyenne 21,000 filles de moins de 18 ans sont forcées dans des mariages dans le monde (IPPF UNFPA 2006). Et selon UNICEF, le continent le plus affecté par le mariage des enfants est l’Afrique avec plus de 70% des cas. Le mariage des enfants bien qu’étant officiellement illégal dans la plus part des pays africains demeure un véritable problème social qui brise l’avenir de nombreuses jeunes filles forcées dans la plus part des cas, à abandonner les études pour servir d’épouses à des hommes généralement beaucoup plus âgés qu’elles.

Le mariage des enfants bien qu’étant une pratique très vieille est à condamner pour plusieurs raisons. La première est qu’il est presque toujours non-consentant privant ainsi aux femmes le droit de choisir leur conjoint et ceci est une atteinte grave aux droits de ces dernières. Ensuite, ces petites filles inexpérimentées et sous-éduquées qui sont forcées dans ces mariages souvent polygames sont abusées, violées et subissent des traitements dénigrants de tout genre. Certaines sont réduites en esclaves sexuelles par leurs « époux » et finissent par développer des problèmes de santé (surtout gynécologiques) graves causant parfois des handicaps et mettant ainsi leur bien être et vie en péril. En outre, ces jeunes filles doivent presque toujours abandonner leurs études et c’est une violation du droit des enfants à l’éducation. Une fille sous-éduquée aura moins de chances d’obtenir un emploi décent et ceci perpétrera d’une manière ou d’une autre le cycle de la dépendance et de la pauvreté des femmes.

Il est important de se demander ce qui motive les parents à pousser leurs enfants dans des mariages précoces qui leur font souvent plus de mal que de bien. En premier lieu nous avons la tradition. Oui, elle peut être très nocive la tradition. Certaines sociétés conservatrices jugent qu’une fille qui commence à avoir ses menstruations est assez mature pour porter un enfant et donc doit se marier. Cette logique est d’une manière ou d’une autre compréhensible mais scientifiquement parlant, les hormones qui causent les menstrues peuvent commencer leurs effets aussi tôt qu’a l’âge de 6 ans. L’ignorance et l’analphabétisme est donc la deuxième cause de ce fléau car ces parents ne tiendraient pas ce genre de raisonnement s’ils étaient lettrés et comprenaient les contours scientifiques de la menstruation et du développement du corps humain et en particulier féminin. Par ailleurs nous avons l’éternel problème de la pauvreté. Ah oui, elle nous suit partout la misère. La plus part des filles qui sont offertes en mariage par leurs parents le sont pour des raisons monétaires car cela se fait dans des sociétés ou existent la dote (des cadeaux ou somme d’argent que verse un homme pour demander la main d’une femme/fille à sa famille). La dote est devenue une source de richesse pour certains parents qui sont prêts à vendre leurs filles pour quelques vaches, moutons ou liasses d’argent. Les parents pauvres se débarrassent aussi parfois de la charge de s’occuper de leurs filles en les mariant car ayant du mal à se nourrir eux-mêmes. Triste réalité !

Enfin, il y a le manque de protection des filles par les institutions étatiques qui selon moi est la cause la plus importante. Ce n’est pas du jour au lendemain que nous allons abolir des pratiques rétrogrades traditionnelles datant de plusieurs siècles. Et demain n’est la veille de l’éradication de la pauvreté. Cependant, si nous avons des états responsables qui ne limitent pas leur lutte contre le mariage des enfants à des lois mais prennent la peine de renforcer ces lois, d’organiser des campagnes de sensibilisation, de sévir contre les familles qui s’engagent dans cette pratique et mettent en place des foyers pour accueillir ces filles qui réussissent à fuir leur « maitre époux » mais finissent par se faire re-capturer car n’ayant nulle part où se réfugier, les choses pourraient changer. Des fois il faut être dur avec la société pour son propre bien-être. Mais en Afrique nous avons pour la plus part du temps des dirigeants irresponsables. Le Niger qui est le pays francophone d’Afrique de l’Ouest le plus touché par cette pratique par exemple est non seulement le pays le plus pauvre du monde mais en plus a pour dirigeant un monsieur qui est plus intéressé par son confort personnel que par l’intérêt général du peuple (Le président du Niger Issoufou s’est offert tout récemment un avion présidentiel coutant 21 milliards de FCFA aux contribuables). Le Nigeria qui est le siège même du mariage des enfants en Afrique est pire car il est gouverné une bande de mafieux qui détournent des milliards pour offrir des mariages de rêve à leurs filles pendant que celles des autres sont réduites en esclaves sexuelles ainsi que des dirigeants pédophiles tel que le gouverneur Yerima de l’état de Zamfara au Nigeria qui lui-même a épousé une petite fille de 13 ans qui peut bien être sa petite fille.

Comment pouvons-nous alors mettre fin au calvaire de ces filles forcées dans des mariages précoces ?

Et bien cela commence par la prise de conscience sur les dangers de cette pratique et la pression sur nos états car nous ne pouvons pas nous lever comme des dieux et aller imposer quoi que ce soit aux sociétés dans lesquelles se pratique le mariage des enfants. Il nous faut absolument une collaboration de la part des gouvernements et c’est là que revient la politique. Sur le plan social, l’on peut mettre en place des initiatives pouvant coupler campagnes de sensibilisation et soutien financier aux parents des filles dans les communautés concernées afin de permettre leur prise en charge sanitaire et scolaire. Ceci passe par le renforcement des capacités financières des parents et cela ne sera pas chose facile certes, mais c’est tout à fait possible.

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