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Publié par Farida Bemba Nabourema

Dans toutes les sociétés, il y a des vices, des maux, des traditions dénigrantes pour les uns et des coutumes avilissantes pour les autres. Des blancs qui payent moins les femmes que les hommes pour le même travail accompli, qui en violent des milliers chaque année y compris en mission de l’ONU, aux arabes qui décapitent les femmes victimes de viols ; des africains qui tabassent leurs épouses et tuent des pauvres vieilles les accusant de sorcelleries, aux pakistanais qui brulent les femmes à l’acide quand celles-ci rejettent leurs avances : les femmes peu importe la couleur de leur peau et leur lieu de résidence sont abusées depuis des siècles. Certaines sociétés ont un peu évolué en faveur des femmes quand d’autres se sont détériorées. C’est ainsi ou nous sommes passés de cette France du 13eme siècle où les maris vendaient leurs épouses au marché à celle du 21eme siècle où les femmes gagnent 30% moins que les hommes et sont battues par centaines de milliers chaque année. C’est ainsi que nous sommes passés d’une Afrique des reines Asantewa, Amina, Nzinga, Candace,Makeda, Ranavalona et Néfertiti pour avoir aujourd’hui des femmes dont la valeur dépend du succès de leurs conjoints présidents, ministres ou footballeurs.

La détérioration ou l’amélioration de la condition des femmes dans toute société passe avant tout par celles-ci qui comme tout opprimé, ont le devoir de briser les chaines de la coercition en s’affirmant et en imposant leur identité. Je suis peinée quand le salut de la femme surtout africaine est rattaché à sa soumission à un homme peu importe sa couleur. Je suis encore plus peinée d’entendre des gens dire que le salut de femme africaine viendra de ceux-là qui nous ont tant heurté par le passé et continuent de le faire. De ceux-là qui ont violé plus de 2 millions d’africaines dans leurs « colonies », de ceux qui ont fait de la femme noire une couveuse vivante dans les Amériques, de ceux-là qui comparent la femme noire aux guenons et de ceux-là qui ont extradé une femme noire de l’Afrique du Sud pour en faire un animal de zoo en Europe (Venus Hottentote). Je suis tourmentée, et ma chair me démange quand je lis pareilles provocations vis-à-vis de ma personne, de mon histoire et de mon peuple.

Je suis issue d’une lignée de guerriers et de chasseurs et comme le disait mon grand-père : « c’est nous qui faisons fuir ; on ne nous chasse pas ». Alors personne sur cette terre peu importe sa couleur de peau ne me fera fuir le combat pour la restauration de l’intégrité de mon peuple. Et mon peuple c’est avant tout nous les femmes africaines. Nous avons chassé les esclavagistes et les colons du temps de Nzinga et Asantewa. Nous avons fléchit des dynasties occidentales du temps de Néfertiti et nous avons gouverné le monde du temps de Cléopâtre. Nous sommes des lionnes et nous défendons nos enfants, nos communautés et nos peuples. Notre seule faiblesse a été d’avoir laissé des égarés nous faire croire que chez l’espèce humaine, le mal est garant de la sécurité.

Femme Africaine, ne prie point d’avoir comme époux un footballeur car aujourd’hui tu diriges la FIFA.

Femme Africaine, ne rêve point d’être une simple première dame car tu diriges l’Union Africaine.

Femme Africaine, ne laisse personne te faire miroiter le bonheur à travers une peau autre que la tienne car tu es l’essence de toute « race ».

Femme Africaine, sache qu’à travers celle qu’ils appellent « Lucie », tu es le commencement de l’humanité et c’est à toi de définir la fin !

Etre femme et africaine de surcroit est un privilège dont nous devons être fières mais qui vient avec des responsabilités que nous devons assumer ou léguer aux moins chanceux. C’est à vous femmes africaines de décider si vous souhaitez jouer le rôle de Patsey (l’esclave que Lupita Nyongo a représenté dans « Douze ans d’esclavage ») ou celui de la reine Nzinga qui pourchassait les esclavagistes et les avait tous chassé de son royaume dans l’actuel Angola. C’est à vous de décider si ceux que vos entrailles ont conçu pièce par pièce peuvent faire de vous des objets ou pas. Fortes vous êtes, brillantes vous êtes, incontournables vous êtes et indomptables vous serez quand esclaves vous refuserez d’être.

Farida Bemba Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

Femmes Africaines, levez-vous!!!