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Publié par Farida Bemba Nabourema

Burkina24 (B24): 29 juillet 1987-29 juillet 2016, cela fait exactement aujourd’hui 29 ans que Thomas SANKARA invitait dans un discours au siège de l’OUA à Addis Abeba, les Chefs d’Etats africains à boycotter le payement de la dette dues à leurs bailleurs de fonds. A le réécouter, quel est le sentiment général que vous inspire ce discours ?

(Référence : https://www.youtube.com/watch?v=FhkqN6KTtJI)

Thomas Sankara est un visionnaire hors pair pour ne pas dire le meilleur de sa génération. Ce discours a accéléré son meurtre par les forces impérialistes. Très tôt, il a compris que la dette était une grande arnaque par laquelle nos peuples seront enchainés pour des siècles et des siècles. Il est impossible à l’Afrique de rembourser ces dettes dans la mesure où n’ou n’avons pas en amont, le pouvoir d’émettre des monnaies aussi fortes que celles dans lesquelles elles sont dues et en aval, le remboursement des intérêts à eux seuls, affaissent notre économie et nous empêche d’investir dans les domaines clefs tels que l’éducation, la santé et l’industrialisation sans lesquels nous ne pourrons jamais compétir avec les nations dites « fortes ».

Malheureusement, ce discours de Thomas Sankara est toujours valide, et aujourd’hui bien plus qu’il y a 3 décennies quand il l’avait prononcé. L’occident a réussi à implanter à la tête de nos nations, des fantoches tels que les assassins de Thomas Sankara afin de freiner la révolution enclenchée par ce dernier. Ces fantoches ont choisi de satisfaire les désirs de leurs maîtres en ruinant leurs nations pour rembourser soit disant une dette qui non seulement ne finit pas mais croit du jour le jour. Il est donc impératif que les africains repensent ce discours et enclenchent un mouvement de libération économique car le néo-colonialisme ne se joue plus vraiment sur le terrain militaire mais sur le monétaire, et le budgétaire. Nos budgets sont asphyxiés par le remboursement des dettes desquelles nous n’eûmes obtenus aucune valeur ajoutée et notre monnaie pour le cas des pays de la zone CFA est fabriquée et contrôlée par la reine vampire France.

Hier Thomas Sankara l’avait prédit et cela s’est produit : pour avoir manifesté sa liberté de penser et son amour pour l’Afrique, il fut exécuté. Par conséquent ses successeurs qui qu’ils sont tremblent au vu de ce sujet qu’ils n’osent jamais aborder de peur de rejoindre leur ainé Sankara. Faut-il donc se taire et accepter notre esclavage économique qui nous réduit à la misère ? J’espère que non. Il est temps que l’élite africaine sorte de sa zone de confort et manifeste son désaccord. Nous avons certes été presque tous formés à l’école occidentale qui nous a dicté les vertus du néolibéralisme. Toutefois, nous avons le devoir moral, d’éclairer nos peuples sur les rouages de la dette de telle sorte que chaque citoyen africain comprenne en quoi elle affecte sa condition de vie.

Les activistes africains se doivent de réussir la où les dirigeants ont échoué en éveillant les consciences sur cette question, en créant des groupes de pression capables de faire trembler les institutions de pillage internationaux et enfin, en renforçant les capacités des populations afin que ceux-ci puissent soutenir leurs dirigeants dans une véritable révolution économique. Pour se faire, il va falloir y aller soudés comme l’a recommandé Thomas Sankara parce que le pouvoir et la survie de l’Afrique passent impérativement par l’union de son peuple.

Farida Nabourema

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