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Publié par Farida Bemba Nabourema

LA MORT DES MIGRANTS: CONSEQUENCE D'UNE POLITIQUE MIGRATOIRE GENOCIDAIRE

Des dizaines de milliers d’Africains ont trouvé la mort dans la Méditerranée en essayant d’immigrer en Europe. 
Cette information ne choque vraiment plus le monde et surtout pas les africains. Les plus confortables ont très facilement l’habitude de blâmer ces immigrés avec les reproches constants de : que vont-il faire là-bas? Ce que nous ne réalisons pas nous les Africains, c’est que des milliards ont été investis par les gouvernements européens pour rendre l’immigration des africains quasi-impossible et un grand effort est fait pour propager des réthorique nous poussant à criminaliser et à déshumaniser les personnes qui essayent de quitter leur continent. 
Nous ignorons comment dans ce lot, des milliers fuient l’esclavage dans les pays tels que le Mali, le Niger, la Mauritanie, la Gambie, des milliers fuient la guerre des pays tels que le Nigeria, la Somalie, la République Centrafricaine, le Soudan du Sud, des milliers fuient la dictature des pays tels que le Togo, le Cameroon, le Soudan, le Congo, l’Erythrée, des milliers fuient la famine, les conflits inter ethniques, la sécheresse, et bien d’autres choses qui rendent leur vie extrêmement précaire les poussant à faire des choix désespérés.

Nous avons développé une animosité et une indifférence criarde vis à vis des migrants parce que l’on nous a convaincu que voyager, nous les Africains, nous les pauvres, nous les déplacés de guerre, nous les victimes de régimes sanguinaires, de systèmes politique corrompus sommes les seuls êtres humains sur la terre qui n’avons pas ce droit. Un droit pourtant inaliénable qui ne devrait pas être le privilège d’une race ou d’une nationalité: la liberté de mouvement. 
Dans les articles 13 et 14 de la déclaration universelle des droits de l’homme, il est écrit ceci: 

Article 13 
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Article 14

Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.”

Tout être humain a le droit de quitter son pays et de choisir résidence à l’intérieur d’un état. Ceci se fait bien sûr conformément à certaines lois qui doivent respecter tout aussi entièrement les droits inaliénables des migrants. Toute personne a le droit de chercher l’asile et de bénéficier de l’asile d’autres pays. 
Les migrants ont avant tout le droit de quitter leur pays et d’aller ailleurs chercher une vie moins pénible. Ils ne commettent aucun crime en jouissant de le leur liberté de mouvement qui est un droit inaliénable. C’est une fois arrivé sur ce territoire que les autorités peuvent déterminer en fonction des éléments de preuves et d’enquêtes s’ils peuvent oui ou non accorder l’asile à ces migrants. Le crime, c’est de rendre leur voyage et leur demande impossible, les condamnant ainsi à la souffrance et éventuellement la mort. 
Certains diront que ces derniers ne sont pas obligés de partir mais nous devons comprendre que ce n’est pas à nous de juger les choix de départ des uns et des autres. Ces choix peuvent ne pas être pour des raisons financières comme l’on l’assume toujours. 
Plus loin, nous devons comprendre que jouir d’un droit ne doit pas être source de punition ou de mort à la personne concernée. Si l’on dit que l’éducation est un droit inaliénable et que les enfants sont tués en essayant d’aller à l’école, la réaction saine, aurait été de condamner la mort de ces enfants et de prendre des dispositions qui protègent ces derniers. Il en est de même pour le droit au travail, à l’habitat, à la vie etc. 
Les gouvernements européens se sont entendus avec des gouvernements africains et maghrébins pour empêcher l’immigration des Noirs vers l’Europe les exposant ainsi à des dangers et des traitements extrêmement dénigrants. Mais personne ne semble condamner l’Europe dans ce crime contre l’humanité car nous pensons à tort, grâce à leur propagande qu’ils ont le droit de refuser à qui ils veulent la résidence dans leur pays. Et pourtant c’est le contraire. C’est eux qui enfreignent la charte des droits de l’homme par ce comportement raciste, ignoble et criminel. Nous pensons souvent que les dirigeants européens ont le droit de dire : “ Nous ne voulons pas les recevoir dans nos pays” et pourtant c’est à nous de dire : “vous n’avez pas le droit de nous refuser l’entré dans votre pays”. Le droit d’aller dans leur pays et de demander l’asile n’est pas déterminée par eux, mais par la charte de l’ONU à laquelle eux tous adhérèrent. Ce sont eux qui enfreignent cette déclaration et ce sont eux les criminels. 
Aujourd’hui des centaines d’ONG africaines elles aussi accourent vers les subventions européennes destinées à prévenir l’immigration des Noirs vers l’Europe et elles se font complice d’un genocide déguisé en aide au développement. Chaque migrant qui trouve la mort que ce soit dans les mains des trafiquants, des passeurs ou dans la Méditerranée en essayant de se rendre en Europe est une victime d’une politique migratoire génocidaire et cela doit être dénoncé avec la plus grande rigueur et combattu avec fermeté. 
Nous devons arrêter de criminaliser la pauvreté car oui seuls les pauvres sont rejetés quand il est question de visiter l’Europe ou l’Amérique. Les africains nantis eux peuvent obtenir des visas après avoir subit des entretiens humiliants. Ceux à qui l’on refuse le droit de vivre dans la dignité dans leur pays ou en dehors, sont ceux qui n’ont rien. Et le plus dramatique est que l’on a réussit à vendre la précarité à l’africain comme étant une norme qu’il doit accepter et des africains deviennent ainsi eux même, les défenseurs de cette injustice.

Farida Bemba Nabourema
Citoyenne Africiane Désabusée

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