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Publié par Farida Bemba Nabourema

 
 

 

Depuis le 14 Février, les citoyens haïtiens protestent par milliers tous les weekend pour exiger la démission de Jovenel Moïse ,devenu président en Novembre 2016 avec le soutien des Etats-Unis.
La crise politique que traverse Haiti sous le régime de Jovenel Moise puise sa source en plusieurs décénies d’exploitation de ce pays, première nation noire à s’être liberée de l’esclavage et de la colonisation occidentale en 1804.
Depuis, Haïti qui est passé de l’emprise de la France à celle des Etats-Unis peine à se libérer du joug des puissances impérialistes qui y installent les fantoches leur permettant de piller ce pays dont la population est maintenue depuis toujours, dans une extrême pauvreté.
Jovenel Moïse, l’actuel président d’Haïti est arrivé au pouvoir en Novembre 2016 avec un tas de promesses tout comme ses prédécesseurs et promet de reconstruire Haïti dévastée par de nombreuses catastrophes naturelles et économiques. Moïse comptait sur le petrodollars que proviendraient de l’exploitation du pétrole dans les eaux de Haïti par le Venezuela pour promettre au peuple haitien, la fin de sa misère.
Cet homme d’affaires qui a pris le pouvoir après des élections hautement contestées dans lesquelles se sont ingérées les américains pour lui assurer sa victoire, avait déjà révolté le peuple en 2018 après la hausse des prix du carburant suite à une crise économique qui a vu les prix du pétrole baisser, affectant ainsi les revenus provenant du Venezuela. L’ancien gouvernement de l'ancien président Martelly avait annoncé entre temps que plus de 94% du budget de l'État dépend de l’exploitation du pétrole par le Venezuela. Le déclin de cette exploitation a donc rendu la vie encore plus difficile pour les populations à l'exception de l'élite dirigeante qui s’est largement servie dans les caisses de l’etat.
Ce qui a encore plus outré les citoyens Haïtiens, c’est le détournement de près d’1,5 milliards de dollars des pétrodollars issus de la vente du pétrole qui devraient être investis dans les infrastructures et les projets sociaux par le gouvernement de Jovenel Moïse.Pendant des mois, les Haïtiens ont manifesté par dizaines de milliers pour exiger la démission de Jovenel Moïse en 2018 et en 2019. En 2020, malgré la pandémie du Coronavirus, au total 84 manifestations ont été enregistrées contre son gouvernement accusé de corruption.
 

 

Pour les haïtiens toutefois, leur cauchemar prendrait fin avec le départ de Moïse le 7 Février 2021, chose que ce dernier refuse en se servant d’une échappatoire dans la constitution qui stipule dans son article 134 que le président servira cinq ans au pouvoir. Toutefois, les citoyens haïtiens fatigués par la gestion catastrophique de Jovenel insistent sur le fait que l'alinéa 2 de l’article 134 stipule que le nouveau mandat commence le 7 Février de l'année des élections.
Les contestations des élections de 2016 qui ont conduit Jovenel Moïse au pouvoir par la fraude lui ont empêché de prendre fonction en Février de cette année là comme le prescrit la constitution mais plutôt en Novembre 2016. Jovenel Moïse estime donc que sa prise de fonction a été retardée de 7 mois à cause des contentieux électoraux et qu’il attendra Novembre 2021 pour quitter le pouvoir, chose qui choque les haïtiens déjà fatigués de son régime.
Alors depuis le 14 Février 2021, soit une semaine après la date à laquelle la constitution prévoit le début d’un nouveau mandat, les Haïtiens sont dans les rues exigeant le départ de Jovenel Moise.
Ce qui semble échapper à l’attention du monde est la violence inouïe que déploie le régime de Moïse contre les Haïtiens. Pour mettre fin aux contestations qui ont démarré contre son régime en 2018, il a fait revenir des anciens policiers à la retraite de l'ère des dictateurs Duvaliers reconnus pour leur sauvagerie et violations des droits des l’homme. A la tête, Léon Charles, ancien chef de la police haïtienne juste après le coup d’etat monté contre Aristide en 2004 est de retour et sa violence n'épargne pas les militants opposés à Jovenal.

 

En outre, Jovenel Moïse a établi un service secret qui fonctionne sous forme de Gestapo qui arrête les activistes, les torturent et les tuent. Cette répression sanglante rappelle le temps des “Tonton Macoute”, une milice armée créée par François Duvalier notamment connu sous le nom de “Papa Doc” qui reste à ce jour, l’une des milices étatiques les plus sauvages de l’histoire contemporaine.
Jovenal Moise a aussi sortit de nombreux decrets qui lui font arreter les activistes en les accusant de terrorisime afin de justifier leur torture et meurtre. Il crée aussi par décret son propre conseil électoral qui lui permettra d’organiser des élections présidentielles qu’il compte sans doute remporter par la fraude comme c'était le cas avec son premier mandat.
Depuis que les manifestations ont repris à Haïti, des centaines de personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines ont trouvé la mort. La presse est entièrement muselée, les journalistes arrêtés, battus et leurs matériels confisqués. Mais toute cette violence, n'arrête pas le peuple haitien dans son élan. Jovenel Moïse compte sur le silence de la communauté internationale et que trop souffert de son audace : celle de vouloir être libre.
Viva Haiti!
Farida Bemba Nabourema
Citoyenne Africaine Désabusée
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