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Publié par Farida Nabourema

Papandreou-Sarkozy-Merkel.jpgGeorge Papandreou n’est pas fou

L’annonce du premier ministre grec George Papandreou de faire passer le plan de sauvetage par referendum a surprit et indignée plusieurs leaders occidentaux qui ne s’attendaient a une pareille démarche  de la part de leur confrère grec. Depuis quelques mois déjà, la Grèce est à la dérive et son incapacité à solder ses dettes ébranle énormément les autres pays membres de l’Euro  ainsi que les grandes puissances du G8 du faite de l’interdépendance des pays occidentaux.

Les gouvernements européens qui pour la plus part sont de la droite comptaient imposer a la Grèce un plan de sauvetage destinée à  empêcher la faillite de  cette dernière. Et qui dit politique de droite, dit politique de riches contre les pauvres. Ce plan de sauvetage sera une version diluée de l’ajustement structurel qu’imposent le FMI et son partenaire la Banque Mondiale aux pays du tiers monde. Il verra le gouvernement réduire extrêmement ses dépenses en  circoncisant les budgets de la sécurité sociale,  l’éducation, la sante, les subsidiaires aux petites et moyennes entreprises  etc. Ensuite, il sera demandé a la Grèce de dénationaliser, en d’autres termes, privatiser ses compagnies qui seront donc rachetées par les grandes Multinationales  dans le but fictif de booster les investissements, créer des emplois et stimuler l’économie. Les salaires des grecques seront aussi révisés à la baisse bien que les populations n’auront plus accès aux services sociaux dont ils bénéficiaient par le passe.  Telle est une description simplifiée du plan de sauvetage que l’Europe comptait imposer a la Grèce en échange du paiement de ses dettes. Ceci est une opportunité pour les régimes néolibéraux de droite   qui se retrouvent en position de force d’accroitre leur control économique sur la Grèce et d’affaiblir le gouvernement grec. Mais la Grèce nous a surpris hier soir quand son premier ministre annonçait que le plan de sauvetage sera soumis a un referendum et que ce sera au peuple belge d’accepter ou de décliner le projet de « rachat » ou plutôt de « vente » de la Grèce par le G20.  Pour une fois, j’ai la confirmation que Socrate est un grec.

Les grecs ne sont pas « Con » et Papandreou n’est pas «Fou »

  Angela Meckel s’est montrée dure et ferme avec la Grèce  du faite que c’est a l’Allemagne, la plus grande puissance économique de l’Europe que reviendra la plus grande partie de la facture du plan de sauvetage grec. Durant des échanges tendus l’Allemagne proposa à la Grèce de vendre quelques unes de ses iles pour payer ses dettes et les grecs furieux rappelèrent aux allemands les dommages  qu’ils leur devraient toujours après la deuxième guerre mondiale.  L’Allemagne sachant bien que la faillite de la Grèce affectera très négativement l’Euro et donc son économie à elle aussi, se comporte tout de même comme si elle accordait une grande faveur a la Grèce en la rachetant ; allant jusqu’a vouloir avec la France imposer des conditions ahurissantes au gouvernement grec. En principe, Papandreou  était supposé se faire tout petit devant ses confrères européens, accepter leurs conditions drastiques et leur être éternellement reconnaissant d’avoir bien voulu épargné la faillite a son pays.   

Le choix de Papandreou de faire passer le plan de sauvetage par referendum tandis que de le ratifier et de l’appliquer sans consulter son peuple n’a rien à avoir avec la tradition démocratique grecque.  Papandreou a été plus malin que les autres. Aucun dirigeant occidental ne se fera réélire avec un plan de sauvetage pareil. Aucun peuple ne gardera au pouvoir des dirigeants qui ont éliminé les services sociaux, augmenté les impôts aux citoyens tout les réduisant aux multinationales, abaissés leur salaire, privatisés leurs compagnies nationales et renvoyé une grande partie des fonctionnaires.  Les grecs auront peut être plus d’emplois et officiellement moins de dettes mais seront bien plus misérables qu’ils ne le sont déjà. Et il n’y a pas de peuple sur cette terre qui se haïsse au point de reconduire au pouvoir un dirigeant qui fait son malheur.

Ce referendum grec qui transcrit la brillance du premier ministre grec George Papandreou a  trois objectifs. Retirer à Papandreou la paternité du plan de sauvetage afin que le peuple ne puisse le tenir responsable de son malheur s’il choisit de faire appliquer ce programme suicidaire.  Secondo, l’annonce du referendum qui étend la décision a la masse  plutôt que de la limiter a une élite riche et puissante comme ca se fait a l’accoutumé a semé la panique a Wall Street. Les obligations boursières américaines et européennes ont énormément chutées juste quelques heures après l’annonce du referendum car elle décrédibilisent les banques occidentales.  Les obligations allemandes viennent ont chute de 5%, les françaises de 5.4%, les italiennes de 6.8% et la banque américaine JP Morgan Chase chute de  5.9% pour ne citer que ceux la.

L’impact tres négatif qu’a eu la décision du premier ministre sur les autres économies occidentales qui sont presque toutes interdépendantes  obligera donc ces puissances respectives à ne plus voir leur plan de sauvetage de la Grèce comme une faveur mais plutôt une nécessite pour la stabilité de leur propre économie.  Enfin, du faite que le  plan devra être approuvé par le peuple et que les dirigeants savent tres bien que le peuple empêchera l’exécution de tout plan qui les asphyxiera économiquement et les affaiblira politiquement, nos puissances économiques occidentales telles que l’Allemagne et la France seront donc obligées de ré diluer « l’ajustement structurel » grec afin que ce fameux plan de sauvetage puisse être approuvé par le peuple de Socrate. Sans quoi, la Grèce coulera et ils plongeront tous avec.

Papandreou vient ainsi de confier à son peuple la clef de la destinée économique de l’Euro. Des mendiants, les grecs sont passés aux maitres. De vrais dignes fils de Socrate !

Les puissances et banques occidentales imposent ces programmes économiques assassins dans les pays du tiers monde et principalement en Afrique parce que la plus part des dirigeants de ces pays ne sont pas démocratiquement élus et se maintiennent au pouvoir par la force. La répression étant leur source de pouvoir, le mécontentement du peuple leur importe peu.

Les grecs viennent encore une fois nous démontrer le pouvoir de la démocratie.  Aucun peuple souverain ne se fait piétiner.

 O2-11-11

Farida Nabourema

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