" />

Publié par Farida Nabourema

traitre.gif

 

 

Durant de nombreuses années, ils se sont allègrement abreuvés à la rivière de l’oppression. Ils ont soutenu avec zèle et fierté la coercition. Ils ont dépouillé le peuple de toutes ses richesses, de son honneur et de sa dignité. Et tout ceci, pour pouvoir s’offrir des dizaines de châteaux qu’ils ne pourront jamais habiter, des centaines de véhicules dont ils ne pourront jamais se servir, des milliers de vêtements luxueux qu’ils ne pourront jamais porter, des millions d’éloges qui ne pourront jamais les blanchir de leurs crimes, et des milliards de francs qu’ils ne pourront jamais dépenser. Ils ont participé et assisté à la destruction de leur pays et ont pris plaisir à voir leur peuple souffrir et mourir. Aujourd’hui, parce qu’ils sont exclus de cette mafia d’abuseurs, de voleurs et de tueurs, ils reviennent vers le peuple et veulent se faire passer pour son sauveur.

Afin de gagner la confiance de ce peuple qu’ils ont brimé, pillé et massacré, ils se font passer pour des victimes de ces gens qui hier encore, étaient leurs amis, leurs compagnons et leurs frères. Pour y arriver, ils ont choisi de jouer avec l’émotion du peuple en pleurant comme des nouveaux nés. Ah comme elles trahissent ces larmes de crocodiles ! Ces larmes bien calculées qui n’émeuvent que les derniers des abrutis et qui ne feront jamais le poids devant les millions de gouttes qu’ils ont fait versé par ce peuple auquel ils réclament aujourd’hui la pitié. 

Ayant réalisé que le scenario des larmes ne suffirait pas pour convaincre le peuple de leur innocence et de leur sincérité, ils développent alors une nouvelle stratégie : se faire passer pour des opposants. Ah oui ! Cela ne peut que marcher car quiconque critique, insulte et condamne le régime oppressif devient d’emblée l’ami du peuple. D’ailleurs ne dit-on pas que l’ennemi de mon ennemi est mon ami ? 

Alors ils s’y mettent et cette fois avec plus de zèle que quand ils servaient leurs ex-amis. Ils passent sur tous les medias pour faire du bruit. Le matin ils dénoncent les détournements de tel ministre, le midi ils condamnent la violence de tel militaire et le soir ils traitent le régime de sauvage. Matin, midi et soir le peuple se délecte de ce repas empoisonné par l’ambition, la rancœur et la cupidité. Ensuite, pour démontrer au peuple comme ils sont gênants pour leurs ennemis, ils complotent des scènes d'enlèvements, d’arrestations et de braquages contre leurs propres personnes ; une technique qu’ils ont appris au sein de leurs mafias qui consiste à inventer des coups d’états pour éliminer les ennemis. 

Le peuple bien que n’étant pas si naïf finit malheureusement par mordre à l’hameçon car étant trop absorbé par l’espoir d’un changement, se laisse encore une fois rouler. Et dans les rues on l’entend scander le nom de ses nouveaux amis qu’il pense pourront le sauver des griffes de ses oppresseurs. Le peuple leur pardonne donc leurs crimes et les accepte de nouveaux et leur garantissent soutien et protection. Et quand on demande au peuple ce qui lui fait croire qu’ils peuvent effectivement les sauver, il répond que parce qu’ils faisaient partie du système, ils le maitrisent très bien et pourront donc les aider à le détruire Ha ! Et oui, l’ignorance est une maladie ne dit-on pas ? C’est justement parce que le peuple lui ne connait pas bien le système, qu’il ne réalise pas que les rejetons du système sont ceux-là qui ne lui sont plus utiles. C’est par ignorance que le peuple fait confiance en ces individus que le système a sucé de toute crédibilité et de toute utilité. 

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps, tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » disait Abraham Lincoln. Et oui, la farce prend toujours fin. Pour combattre aux côtés du peuple et pour les intérêts du peuple, il faut être armé de patience, avoir le sens du sacrifice, abandonner la mondanité, accepter de vivre comme le peuple dans la misère. Nos habitués du gain facile, des fêtes grandioses de célébrations de leurs richesses, brefs, de la vie paradisiaque supportent alors de moins en moins de marcher dans la poussière avec le peuple. Ils mettent alors la pression sur le peuple pour qu’il fasse vite sa révolution afin de les remettre au pouvoir mais hélas, le peuple va moins vite que l’ombre d’un escargot. Alors ils mettent la pression sur leurs anciens amis pour qu’eux ceux-ci cherchent à dialoguer avec eux et les reprennent dans leurs rangs mais nada, le régime n’a plus leur temps. Déprimés, perdus, confus et abimés, ils font alors appel aux « hommes de Dieu ». Et oui ! Seule la prière pourrait encore marcher car le peuple croit fermement en Dieu. Ils décrètent donc par le biais d’autres escrocs qui se font appeler pasteurs qu’ils ont été choisis par Dieu lui-même pour diriger le peuple. Pff ! Qui trompe qui ? Le disque est rayé.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article